lundi 14 novembre 2011

Cape Reinga


Le temps avait commencé à se couvrir sur la Ninety Mile Beach. En arrivant au Cap, la dégradation s’accélère pour finir en apothéose là où s’arrête la route, au Cape Reinga (cap nord). Lorsque nous arrivons le soleil est déjà couché …pas nous ! Le vent souffle en rafales surpuissantes qui secouent le van. La pluie frappe la carrosserie. Nous sommes seuls sur le parking, dans le noir absolu, comme coincés dans une machine à laver, en mode essorage. Heureusement des toilettes et un abri sont accessibles. Le sol du local est détrempé mais de petits bancs nous permettront de poser les réchauds pour cuisiner. Il nous faudra aussi faire tourner le moteur du van quelques minutes pour recharger notre « starter » (cf photo) qui pourrait s’avérer très utile. L’humidité ambiante ne garantit pas le redémarrage du lendemain. Cela nous permet aussi de réchauffer pour quelques minutes l’intérieur du van.

La nuit sera plus calme. Le vent et la pluie baissant d’intensité.

Nous nous réveillons sous le soleil ! Ciel dégagé. L’ambiance n’a plus rien à voir avec la veille. Le panorama est magnifique. Petite balade jusqu’au phare le plus au nord de l’île ! Quelques touristes nous y rejoignent.

Cap nord


Puis nous entamons notre descente vers le sud. Cette langue de terre n’abrite que très peu de villages. Après une petite session de « beach surfing » (un grand moment de rigolade… Jo s’est rendu compte de l’impossibilité d’envisager une carrière de surfeur mais peut-être une de cascadeur chez Rémi Julienne) dans de gigantesques dunes, nous posons nos bagages pour la nuit dans un petit hameau … un minuscule hameau ! L’accueil est relativement correct, d’autant que nous allons vivre un des moments les plus drôles de notre aventure…


C’est presque impossible à décrire. Tout comme moi vous savez que certaines situations doivent être vécues pour être comprises. Je vais tenter de vous la faire vivre quand même.

backpacker

Au moment de payer la nuitée, en fait juste après l’avoir payée, nous sortons de l’office et devant le bureau les gens du coin (5 ou 6…) sont réunis autour d’une table sur la terrasse. Ils jouent aux cartes, discutent et boivent un coup. Certains ont dû en boire un peu plus qu’un. Nous sortons donc du bureau, en échangeant quelques mots avec la patronne et là un type aux longs cheveux filasses, avec un pull des années ...(je sais c’est pas gentil mais je plante le décor) s’approche de nous, une bière à la main, en titubant. La patronne nous parle, le gars s’arrête prêt de nous, nous regarde en dodelinant de la tête. Il attend la fin de la phrase de la dame. Elle termine. Il regarde Jo et dit « tu veux une bière ? » (alors là faut se dire qu’en fait il lâche un truc du genre « ...blrgrmrrnbl veux une bière ?? » … ) , Jo répond non. Il se tourne vers moi et me demande « tu veux une bière ? » … « non merci » … et là grand moment de solitude pour lui. Stupeur… incompréhension … son regard (déjà bien embué) se vide … on s’aperçoit instantanément qu’il ne comprend pas. Le temps d’une fraction de seconde, le temps s’est arrêté pour lui … Pensant que son ouïe lui a joué un mauvais tour il retente sa chance, nous regarde à tour de rôle et répète : « you don’t want a beer !!??!!!?? » … ?! …. Du coup le type, qui doit toujours se demander comment c’est possible de refuser de boire une bière, est reparti s’asseoir en grommelant …

Sur le coup on n’a pas trop réagi. Mais en en reparlant on s’est aperçu qu’on avait vu exactement la même chose dans le regard du type : l’incompréhension … pendant deux secondes on l’a perdu !

Fou rire !

A cela on ajoutera le décor du backpacker dans lequel nous dormons. Douches avec minuteur à pièce (dont un qui nous jouera des tours !) et cuisine comment dire …pas sous équipée … pas équipée du tout !

On n’a même pas de quoi faire chauffer !!! Obligé d’utiliser nos réchauds !!! Dans une cuisine faut le faire quand même !

Ninety Mile Beach

Sans nouvelles du recruteur mystère, nous poursuivons notre aventure vers le nord.

Campsite pour la nuit ...

Notre route vers le cap nous amène à passer devant quelques vergers. Nous tentons notre chance. Nous sommes reçus par des gens sympathiques, qui n’ont plus de place pour nous mais qui nous incitent à nous rendre chez je ne sais plus son nom mais bref. Visiblement lui va pouvoir nous aider.

A notre arrivée, accueil très cool « salut les gars comment ça va ? ». Il nous fait entrer, nous présente sa femme, attrape son téléphone et commence à passer quelques coups de fil pour nous trouver un job. Juste avant il nous avait fait visiter la maison et notamment quelques pièces qui servent d’appart puisqu’il nous dit que si on trouve du boulot, il peut nous héberger là pour pas cher. On lui fait comprendre qu’avec notre van on ne cherche pas forcément à se loger. On veut bosser.


Il semble bien connaître les gens qu’il a au bout du fil, le hic c’est qu’ il nous présente comme étant deux italiens !!! Très vite on comprend que ce que cherchent les employeurs ce sont des asiatiques (qui travaillent vite, beaucoup, pour pas cher) ou des gens pour de longs contrats. Lorsqu’il termine ces appels, sans résultats, il attrape sa télécommande, monte le son de la chaîne hippique et sans nous regarder, s’enfonce confortablement dans son fauteuil. Il nous salue à peine alors que nous repartons.

C’était semble-t-il le « parrain » de la région en ce qui concerne le boulot en verger. Notre passage chez lui se termine un peu fraîchement mais il aura quand même essayé de nous trouver quelque chose.

Nous décidons de rejoindre le cap nord en empruntant la Ninety Mile Beach. Il s’agit d’une large plage, d’une longueur de 90 miles, sur laquelle les véhicules sont autorisés à rouler ! Un 4 roues motrices est vivement conseillé notamment pour les zones où le sable est sec donc meuble. Des gens que nous croisons nous indiquent qu’en van c’est largement faisable. Alors c’est parti !

Ninety Mile Beach

C’est une première pour nous et c’est grisant parce que sur la plupart des plages c’est interdit ! La plage est très large, pas de signalisation, pas de lignes (évidemment !), ni de limites de vitesse (bon on est en van !) …bref on fait ce qu’on veut ! il faudra quand même éviter les véhicules venant de face. Facile ce jour-là on en croisera très peu et la plage est si vaste qu’on pourrait passer à 15 de front !

On trace, on zigzague sur cette plage quasi déserte. On s’arrête même pour faire des photos car la sensation de liberté est intense. Nous ne ferons pas les 90 miles, nous sortirons bien avant pour rejoindre le bitume … moins dépaysant !


mercredi 2 novembre 2011

Auckland part I



SkyTower (328m)

La fin du séjour approche. Une bonne partie de l’île nord est désormais visitée. Reste Auckland et le nord de l’île.
Nous n’avions pas envisagé entrée si fracassante dans Auckland. Aux abords de sa banlieue (qui est énorme puisqu’elle s’étend sur presque 30km !), sur l’autoroute, un petit claquement vient me chatouiller les oreilles…
On quitte l’autoroute un instant, le temps de remettre de l’essence. Nous ne repartirons pas de si tôt.
Après le plein, je redémarre le van puis je ressors pour bricoler je ne sais quoi au niveau de la porte coulissante. Lentement un nuage de fumée s’élève. Les gaz d’échappement ? A ce niveau du véhicule c’est assez peu probable ! Je baisse les yeux et vois, presque sur mes chaussures, s’écouler un flot de liquide puis de la fumée, de vapeur plutôt. Alors ça ! C’est pas bon …


Flaque de liquide verdâtre. Nous sommes dimanche, ne pouvant plus bouger, le pompiste nous engage à patienter jusqu’au lendemain matin pour que les mécanos du garage d’à côté puissent jeter un œil.

Le temps est gris, le moral aussi.
Dès l’ouverture, on explique notre cas au patron du garage : un petit irakien cinquantenaire et son équipe de jeunes mécanos. Pendant le diagnostic, on se balade dans cette banlieue populaire très cosmopolite. Le verdict sera moins pire que ce qu’on pensait : courroie d’accessoire. Mais au final on demandera quand même en plus, un remplacement de la courroie de distribution histoire d’assurer le coup pour la fin du séjour. Notre temps libre sera occupé par de la balade, un peu de dégustation en resto indien et du squat de réseau internet …depuis les trottoirs !
La facture est correcte (mais toujours trop chère puisque complètement imprévu).


autruche qui pète un plomb ...

Notre arrivée à Auckland se fait sous un ciel couvert et quelques averses. Mis à part cette grande tour fine, la ville ne semble pas présenter un grand intérêt. D’autant qu’après quelques villes sympas, telle Wellington, Auckland parait un peu fade. L’objectif désormais est de proposer le van à la vente (dans un délai d’un mois) et de trouver du travail. Pour le van, Jo va concocter une petite affiche qui va bien et nous en posons quelques exemplaires dans les points stratégiques (auberges, bars etc…).


les allemands sont partout !


Pour le boulot, on sait qu’il nous faut partir vers la péninsule nord. Le climat y est (normalement) plus clément et trouver du travail dans les vergers ne devrait pas poser de problèmes.
Dans le mois qui nous reste, nous aimerions conserver un peu de temps (une semaine à 10 -15 jours maxi) pour finir notre balade et travailler pour remplir un peu les caisses. Après consultation des offres, notamment sur internet, on se dit que ça va peut-être pas être si facile que ça. Nous cherchons notamment à faire du « fruit picking » (de la cueillette). Pour certains fruits c’est déjà trop tard, pour d’autres c’est trop tôt (NDJ : c'est peu de le dire ;-). Pas tant d’offres que ça dans le secteur qui nous intéresse, des offres qui ne nous intéressent pas et des mails de notre part qui n’ont jamais vu de réponses.


bibliothèque d'Auckland (notre accès internet)

On trouve quand même une annonce qui puisse convenir. Non loin de là, un mystérieux « RAZOR » cherche du personnel, le plus vite possible ! On lui passe un coup de fil mais le numéro n’est pas bon. Aucun autre moyen rapide de le contacter. Parallèlement Jo a envoyé des mails aux organismes qui centralisent et proposent les offres d’emploi. Les retours sont soit négatifs… soit inexistants !
Tant pis, on décide de partir vers le nord afin de trouver du soleil, de visiter et de trouver peut-être du boulot directement sur place.

dédicace dans le backpacker ...

nuit sur la côte ... sous la pluie


Juste avant cependant et après avoir passé une nuit sur la côte pour éviter de se faire éjecter du centre ville, on part rencontrer nos potes israéliens qui, à ce moment, logent … à l’hôpital ! Ils ont eu un accident de la route qui aurait pu très mal tourner. Alors qu’ils tentaient un demi-tour en pleine avenue, vide au premier coup d’œil, une voiture a déboulé à grande vitesse et les a percutés. Or (c’est le nom d’un d’entre eux), assis à l’arrière, est sorti et a eu droit à un coup de poing de la part d’un occupant (visiblement sous l’emprise de substances ou/et d’alcool) de l’autre véhicule. Les néo-zélandais s’enfuient avant l’arrivée de la police. Or a des contusions au torse (et au visage) à cause de la ceinture. Le plus grave est pour Nethan qui conduisait le véhicule et qui suite au choc a perdu connaissance.
Seul Nethan est resté hospitalisé. A notre arrivée il est conscient mais encore groggy par les sédatifs. Ils sont content s de nous voir et nous de voir qu’ils ont le moral.



Leur trip, qui touchait à sa fin, aurait pu virer au drame mais heureusement pour eux cela ne restera qu’un mauvais souvenir.



jeudi 1 septembre 2011

Waiotapu



la spéciale fast food !

La région de Rotorua abrite l’une des zones géologiques les plus actives du pays (si ce n’est la plus active). C’est la région des sources hydrothermales. Le secteur est parcouru de lacs aux eaux fumantes, de fissures dans le sol ou encore de ruisseaux aux eaux chaudes.

Antoine et Claire nous ont briefés : ils nous conseillent la visite d’un parc et surtout une baignade dans un ruisseau à proximité.

Le parc se nomme Waiotapu. Ici l’activité volcanique souterraine s’en est donnée et s’en donne encore, à cœur joie :




Un spectacle original et coloré … aux vapeurs soufrées. Par endroit même ça glougloute !...preuve qu’il se passe des choses sous nos pieds.




Champagne pool, piscine dans laquelle tu as pied si tu mesures...62m ! Contient de l'arsenic, de l'antimoine, des sulfures...




Après cette petite balade dans un environnement un peu étrange, vient le temps de la baignade. Quelques centaines de mètres après la sortie du parking, nous atteignons l’endroit indiqué par nos potes français. Peu visible depuis la route, le seul indice est la présence de quelques véhicules garés. Maillot de bain, serviette, direction trempette. A cet endroit, deux ruisseau confluent, l’un aux eaux fraîches, l’autre aux courants parfois très très chauds ! Placez-vous à leur point de rencontre, trouvez la bonne position sur les rochers affleurant dans le fond et le tour est joué … Vous êtes en pleine nature, dans un bain chaud… certains en profitent même pour y prendre un bain de boue.

C’est un endroit surtout connu et fréquenté des locaux. Merci à Claire et Antoine pour l’info !

Tongariro crossing


Une fois de plus je vais vous assommer de photos.

Aujourd’hui c’est l’heure du Tongariro crossing, c'est-à-dire la traversée du Tongariro, soit une grosse rando dans un parc naturel au milieu des lacs et des volcans.

La veille on rencontre dans un coin perdu (histoire de passer la nuit tranquille) un couple de jeunes français : Claire et Antoine. Eux commencent seulement leur périple en van. On sympathise et on se rend compte qu’on a le même programme pour le lendemain .

avec Claire et Antoine

Pour l’anecdote, dans la série le monde est petit (on a aussi le « les français sont partout »), on se rend compte qu’Antoine vient d’un village situé à quelques kilomètres de chez Jo, en Champagne (…mais si, le désert français !).

La rando est annoncée en une dizaine d’heures et il ne vaut mieux pas chômer sur le parcours si on ne veut pas rater les navettes (bus) nous ramenant au van ! Le temps s’annonce relativement bon (= normalement pas de pluie). Nous voilà donc partis …

L’échauffement consiste en une montée légère et progressive sur un sol encore couvert de rosée.

Ngauruhoe

Paysage lunaire (ou champenois … ok j’arrête) ou presque car on trouve quand même quelques rares buissons et touffes d’herbe parmi les roches volcaniques. Puis on arrive au gros morceau de la journée, l’imprononçable Ngauruhoe. Un joli cône plein de roches et de gravillons comme on les aime ! L’équipe se coupe en deux. Nos amis du jour voient la pente trop raide pour eux donc décident de poursuivre vers le prochain cône, plus plat : le Tongariro.

En ce qui concerne notre ascension, évidemment ça monte sec et c’est encore plus difficile quand vous vous marrez. Oui parce qu’il faut savoir que l’anglo-saxon aime se faire souffrir. On a vu des mecs monter en jean serré et petites baskets de ville et une fille en chaussures ouvertes, avec son sac à main !? Sûr qu’ils pensaient trouver une boutique en haut !

Au sommet, hormis la vue magnifique, on a droit à un double cratère (en fait l’un est enchâssé dans l’autre), de belles couleurs et quelques fumerolles prouvant que sous nos pieds ils se passent encore des choses. En faisant le tour du cratère on peut admirer quelques lacs, le sommet du Ruapehu (la Montagne du Destin du Seigneur des Anneaux, ils y ont tourné quelques plans) et … un mec qui retire toutes ses fringues pour que son pote le prenne en photo !

Ruapehu

monsieur tout nu ! (pour la photo)

cratère

fumerolles
soufre

La suite nous fera traverser une sorte de plaine au pied des volcans...

Ngauruhoe

... puis quelques montées et descentes parmi des lacs bleus-verts et des roches rougeoyantes.


couches de cendres
coulée de lave (sèche maintenant...évidemment)

La fin du parcours est …interminable ! Le sentier aménagé au lieu de tirer tout droit fait tours et détours dans les pentes herbeuses.

En forçant un peu le pas on atteindra le parking à temps pour la première navette de retour dans laquelle on retrouve Claire et Antoine contents eux aussi de leur petite (grande) ballade !

De retour aux vans, comme il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte, à la nuit tombante … nous nous quittons. Bisous et bonne route !